Notre histoire belge est belle !

De la Grande-Pologne à la Gaume, de Baden-Baden à Bruxelles, l'histoire de notre famille commence par la rencontre de deux êtres et traverse ensuite les frontières et les générations.

Nous ne sommes pas venus de Pologne, officiers déchus, à la suite d’une des trois insurrections polonaises successives de 1830, 1848 et 1863 contre l’occupant russe, autrichien ou prussien.

Nous ne sommes pas venus de Pologne chercher du travail dans l’industrie wallonne en pleine expansion.

1883 — La rencontre de deux histoires

Portrait de Józef Mikołajczak.

Józef Mikołajczak

1852 – 1910

Originaire de la région de Poznań, en Grande-Pologne, à 200 km de Berlin, à mi-route vers Varsovie, Józef est le fils de Łukasz Mikołajczak et d’Agnieszka Nowaczanka. Il a 31 ans lors de sa rencontre avec Hortense.

Philosophe de l’Université de Leipzig et passionné de chimie, il devient pharmacien à Baden-Baden en Forêt-Noire, une des grandes stations thermales de leur époque, à 60 km de Strasbourg en Alsace, où se croisent les têtes couronnées et l’aristocratie européenne.

 

Portrait de Hortense Leroy

Hortense Leroy

1847 – 1938

Originaire de Jamoigne, en Gaume, à un jet de pierre de l’abbaye d’Orval, Hortense appartient à une famille de la bourgeoisie gaumaise. Elle a 36 ans lors de sa rencontre avec Józef.

. Elle est petite-fille d’ingénieur, géomètre du cadastre, contrôleur des contributions et premier bourgmestre de Jamoigne à l’indépendance de la Belgique en 1830.

Adolescente, l’esprit ouvert sur son temps, elle avait été envoyée par ses parents faire ses études en pension à Metz en Lorraine française, chez les Dames Nicolas.

1883

Une rencontre qui change tout

Baden-Baden, Forêt-Noire

C’est tout simplement l’amour entre deux êtres, dans la tradition catholique polonaise et belge, qui constitue, en 1883, l’origine de notre belgitude.

Baden-Baden fut le lieu de rencontre entre une tradition agricole autour de Książ, à 48 km au sud-est de Poznań pour les Mikołajczak et une tradition minière belge pour les Le Roÿ, devenu Leroy sous le régime hollandais.

En provenance d’Evreux en Normandie, ces derniers s’installent à Herbeumont au XVIIème siècle, au Duché de Luxembourg, aujourd’hui le Luxembourg belge, et investissent dans l’extraction réputée de l’ardoise.

Jean-Baptiste Le Roÿ réside à Jamoigne en 1815 à la suite de son mariage avec Rosalie Goffinet. Cette famille y est bien établie et un de ses membres fut élevé en 1867 au titre de baron par Léopold II.

Maison de Conversation de Baden-Baden vers 1860
Baden-Baden, évocation contemporaine du Kurhaus au XIXᵉ siècle — illustration originale générée pour l’Association familiale Mikolajczak.

De la rencontre à l’enracinement en Belgique

Quelques dates qui ont façonné l’histoire de la famille.

Laufenburg

Suisse

Jeunes mariés, Józef et Hortense habitent initialement à Laufenburg, le long des chutes du Rhin, dans le canton d’Argau en Suisse, où naîtront Léonie sans descendance et Victor.

Rodemack

Lorraine française

Ensuite, c’est à Rodemack en Lorraine française que naîtront Désirée sans descendance et Marcel.

1899

Bruxelles

En 1899, ils établissent leur résidence à Bruxelles, rue du Bourgmestre, dans le quartier de l’abbaye de la Cambre.

C’est ainsi qu’après avoir vécu en Suisse et en France, les époux Mikołajczak ne choisissent pas la Pologne mais décident de s’établir dans le pays d’Hortense, la Belgique.

1909

La naturalisation

La Grande Pologne étant devenue prussienne d’abord, allemande ensuite sous Bismarck, Józef porte, forcé, la nationalité allemande. Ses enfants sont ainsi automatiquement allemands, même s’ils sont nés en dehors de l’empire allemand.

En décembre 1909, le Sénat belge ratifie la demande de grande naturalisation de Léonie et Victor.

1912

Un choix pour la Belgique

En 1912, Victor, qui est chaque trimestre à Berlin pour les réunions européennes de l’industrie des métaux non-ferreux, pressent la menace politique et recommande à Désirée et Marcel d’adopter la nationalité belge, ce qu’ils font tous les deux.

Mikołajczak prendra alors l’orthographe Mikolajczak, même si plus d’un des anciens de la famille prononceront encore longtemps le « ł » comme un « w », conformément à la prononciation polonaise.

1914 — 1940

Deux guerres, un même engagement

Ce qui caractérise l’histoire belge de notre famille depuis cette rencontre de Baden-Baden, ce sont évidemment les liens familiaux belges d’Hortense Leroy. Ce sont les amitiés et les mariages avec tant de familles belges, qu’ont noués les fils de Józef et Hortense, Marthe Sepulchre de Liège pour Victor et Hélène Golenvaux de Namur pour Marcel, et leurs dix sept enfants cumulés ensuite.

Ce sont aussi tous ceux qui depuis ont travaillé au service de l’État belge ou de l’économie belge et du Congo.

Enfin, et par deux fois, dès 1914 et dès 1940, c’est l’engagement des Mikolajczak à la défense du Roi des Belges et de la nation.

D’origine polonaise, les “Miko” sont bien une famille belge !

De la Grande-Pologne à la Belgique, une histoire de rencontres, d’enracinement et d’engagement transmise de génération en génération.

 

Michel Mikolajczak
Pâques 2020, au temps du confinement